
Né à Marrakech, Mohamed Ben Allal quitte très tôt l’école coranique pour travailler. Mais il ne résiste pas longtemps à la tentation de la vie nomade dans les ruelles sinueuses et aux nuits à la belle étoile. De ses déambulations bohèmes dans les dédales de la médina de Marrakech, il a su garder l’essentiel : la passion des petites gens pour les choses ordinaires et "superflues" de la vie. Les hasards de cette même vie ont emmené Ben Allal à travailler comme cuisinier chez le peintre Jacques Azéma qui l’encouragea à déployer sa fougue créative dans la peinture. En 1953 et grâce à l’appui du même Azéma, Ben Allal participe à une première, mais très remarquée, exposition s’imposant d'emblée comme l’un des principaux représentants de l’école naïve au Maroc. Tout au long de sa vie, il va déployer une peinture narrative qui procède par "arrêts sur image" successifs qui se révèlent aujourd’hui comme autant de témoignages sur la vie authentique du petit peuple dans un Marrakech aujourd’hui condamné à disparaître. L’empreinte de Ben Allal sur le paysage plastique marocain est indélébile.
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