
Se révélant tour à tour naïve, figurative, parfois même abstraite, l'oeuvre d'Amine Demnati est par essence “multiforme” d'autant plus que l'artiste aime jouer la multitude des supports (toile, bois, papier, tapisserie, zellige et même vitrail). Multiforme mais empreinte d'une unité et d'une cohérence qui relient entre elles chacune des toiles, représentations léchées d'un Maroc profond et authentique, réalisées par un artiste d'une sensibilité aiguë. Les couleurs joyeuses, les lignes courbes, l'atmosphère de douce nostalgie nous rappelent au quotidien et à la dureté qui le caractérise parfois. Le malaise s'accentue encore au regard de ces visages sans regard, ces visages aveugles et lisses, comme si toute individualité était interdite. Etrange revirement dans les derniers travaux de l'artiste où il révèle le corps féminin, un corps souvent morcelé, “massif, callipyge, aux hanches larges, aux seins lourds, agressifs ou tombants, aux yeux biseautés, au regard énigmatique. Ce regard, le plus souvent droit dans les yeux, est peut-être ce qui frappe d'abord (…) Aurait-il décidé de s'adresser à nous, spectateurs ?” souligne le critique Michel Bouvard.
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