
Jilali Gharbaoui est né en 1930 à Jorf El Melh (près de Meknès) et décède à Paris en 1971 dans une solitude tragique. Il subit une enfance malheureuse marquée par la perte précoce de ses deux parents. Doté d’une volonté tenace, il commence à peindre et continuera tout en poursuivant ses études secondaires. Remarqué, il réussit à obtenir une bourse pour continuer sa formation à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, puis à Rome. C’est à Paris qu’il va connaître ses premiers troubles psychiques qui vont s’aggraver dès son retour au Maroc en 1956 et seront ponctués par des tentatives suicidaires récurrentes. Son séjour en 1957 au monastère bénédictin de Tioumliline l’appaise et lui permet de déployer un travail acharné dans une expression abstraite franche et puissante qu’il avait déjà esquissée à l’orée des années cinquante. Il fut le premier au Maroc à avoir osé affronter la peinture abstraite dès 1952. Il voulait s’affranchir du géométrisme dominant et élaborer une peinture dynamique, vivante, baignée de lumière. Sa gestique pulsionnelle semble flageller le corps de la toile comme était flagellé Gharbaoui lui-même dans sa chair et dans son esprit par les aléas de la vie et du destin. Aujourd’hui les œuvres de ce maître très tôt disparu figurent dans des collections prestigieuses au Maroc et à l’étranger et sont parmi les mieux cotées.
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