
Grâce à un cheminement personnel singulier, Jaride construit une approche plastique structurée et solidement cimentée par la recherche, la réflexion et d’incessantes remises en question. Cette démarche est à interpréter comme une traversée, lente mais constante, vers la lumière – la lumière intérieure au sens soufi qui jaillit subitement après une longue "nuit" de perdition et d’exil pour inonder le monde d’énergie et de vie. Dans sa période "noire", les tourments de l’esprit semblaient faire corps avec la matière picturale, rendant celle-ci dense, opaque, impénétrable comme le sont les exils intérieurs. Depuis, Jaride varie et condense les pigments végétaux et minéraux, terre, charbon, poudre de marbre, écorce de grenade, brou de noix comme pour forcer l’ineffable, provoquer le salut. Et bien que sa peinture soit toujours dense dans sa texture et dans sa construction qui mêle le figural, le scripturaire et le graphique, elle n’en demeure pas moins parlante, palpitante de vie et de voix… intérieures.
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