
Toute l’œuvre de Hassan Slaoui est une constante recherche qui a pour finalité d’interroger la tradition du signe islamique. Mais elle s’efforce aussi d’exhumer les traditions des abysses de l’oubli. Ses deux matériaux privilégiés sont le salsal (argile) et le bois. Ils sont des matériaux locaux (la racine de thuya, par exemple) et, par là même, ils renvoient à un monde et évoquent une communauté de vie et de destin, celle de ces humbles artisans héritiers fidèles de traditions séculaires. Céramiste de formation et issu d’une famille d’artisans de Fès, Slaoui a courageusement décidé de révoquer la toile classique et ce, malgré ses études artistiques parisiennes. Archéologue de la mémoire, il réhabilite les savoir-faire de l’artisanat vernaculaire, lui rendant sa dignité. Aussi soigne-t-il et apprivoise-t-il le bois, en l’approchant, en l’étreignant même, non comme un technicien, mais comme un artiste altier et aimant. Slaoui sculpte et peint, grave et assemble, encadre et patine, fragmente et restaure. Et de ses mains créatives, le bois renaît, revit, mais vieilli et usé : le simulacre d’une antiquité paradoxalement… contemporaine.
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