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Rencontres D’art Afrique, Europe

A l’initiative de Maroc Premium Fondation et la Résidence Ifitry, le centre d’art contemporain d’Essaouira réunira du 10 août au 10 septembre 2017 plus de 40 artistes d’Afrique et d’Europe.

Tous ses artistes se sont côtoyés, ont dialogué, échangé réflexions et points de vue puis œuvré ensemble à la Résidence d’artistes Ifitry qui se positionne comme un véritable laboratoire artistique. Et de fait, il n’y a pas de meilleur outil que l’art pour dialoguer, confronter les regards et les sensibilités, s’interroger sur ce qui nous unit et ce qui nous rassemble. Car il s’agit bien de cela : réfléchir et œuvrer ensemble pour le développement des convergences culturelles de ces deux régions.


Artistes marocains

Dalila Alaoui
Bachir Amal
Hamadi Ananou
Abdelmalik Berhiss
Omar Bouragba
Mohamed Ezoubeiri
Mohamed Hamidi
Saïd Messari
El Houssaine Mimouni
Khadija Tnana


Artistes d’Afrique subsaharienne

Mohamed Abou El Naga, Egypte
Hélène Amouzou, Togo
Nabil Boutros, Egypte
Joana Choumali, Côte d'Ivoire
Dimitri Fagbohoun, Bénin
Ayana Jackson, Afrique du Sud
Mouna Jemal, Tunisie
Gastineau Massamba, Congo Brazzaville
Enkobo Mpane, République Démocratique du Congo
Ingrid Mwangi, Kenya
Freddy Tsimba, République Démocratique du Congo
William Wilson, Togo
Dominique Zinkpè, Bénin


Artistes de l’Europe

Jaume Amigo, Espagne
Cristina Ataide, Portugal
Antonio Barroso, Espagne
Sandro Bettin, Italie
Platon Alexis Hadjimichalis, Grèce
Jusuf Hadžifejzovi?, Bosnie
Andor Komives, Roumanie
Sylvia Kummer, Autriche
Ivan Larra, Espagne
Andrea Locci, Italie
Renzo Lulli, Italie
Shuck One, France
Miguel Planas, Espagne
Emily Püter, Allemagne
Patrick Rouchon, France
Ransome Stanley, Grande-Bretagne
HalilTikveša, Bosnie
Gisela Weimann, Allemagne


20/21
MOSTAPHA ROMLI
DU 20 MAI AU 20 JUIN 2017
Building Bridges Art gallery, Los Angeles, USA



20/21
Figures du négatif
Le mariage des mineures entre déni et mélancolie





Seuil
L'artiste plasticien Mostapha Romli offre à notre regard une série d'œuvres axées sur les figures du négatif.

Originale, sa démarche se déploie en fonction d'un double cheminement. Le premier est mnésique et s'étale à partir d'un clin d'œil à la carte postale coloniale qui fut jadis dédiée aux portraits des jeunes filles marocaines. Le deuxième est contemporain puisqu'il questionne, ici et maintenant, le révoltant phénomène du mariage des mineures. Cette mise en forme et en sens, inédite et éclairante, opère à deux niveaux : le premier est conceptuel ; l'autre est plastique.

Pour mieux concevoir le négatif (ou la négativité), au sens strictement conceptuel, encore faut-il saisir la signification du concept de positivité. L'un ne va pas sans l'autre. La positivité désigne en effet toute règle ou autorité à laquelle l'individu, homme ou femme, est sommé de se soumettre sans résistance. Aussi la positivité subie annihile-t-elle l'individualité dans ce qu'elle a de singulièrement humain : la possibilité pour chacun et chacune d'opérer des choix d'une manière consciente et autonome. En somme, le négatif constitue le processus par lequel tout individu s'efforce de neutraliser la force avilissante et destructrice de la positivité. La première forme de négation de la positivité se présente comme une mise à distance de tous les éléments religieux ou dogmatiques qui entravent l'épanouissement de l'existence humaine : dogmes, superstitions, obéissance à des lois injustes et scélérates, etc. Tout en nous conviant à une savoureuse délectation esthétique, les œuvres de cette thématique, que Romli propose, cherchent à nous sensibiliser entre autres aux traumas de notre monde actuel. D'où ce retour à la carte postale coloniale pour capter l'infamie du mariage des filles mineures.

Souvenirs, souvenirs

Safia Belmeno et Marc Combier ont brillamment montré dans Bons baisers des colonies (Éd. Alternatives, 2007) à quel point la carte postale coloniale structure d'une manière consciente ou inconsciente notre univers imaginal. Emissaire de doux sentiments d’amitié et d'amour ou messagère de simples salutations postées par le touriste, le militaire, le fonctionnaire ou l’explorateur vers la métropole, elle fut aussi, par sa très large diffusion, un médium idéologique marquant. Car si on jette, d’une manière impromptue, un regard dénotatif sur le Maroc colonial, force est de constater que la carte postale dite coloniale, considérée comme expression d'un état d'esprit et d'une époque, y tient une place axiale. Aussi est-il possible de ramener la présence de la carte postale coloniale dans le processus de construction imaginale du Maroc à deux modes opératoires : tantôt cette carte opère comme indicateur historique, tantôt elle opère comme marqueur esthétique.

Comme indicateur historique, la carte postale produite à l'époque coloniale fut orientée par une visée idéologique : mettre en évidence la supériorité de la culture coloniale. Comme marqueur esthétique, elle a exploité le medium photographique pour véhiculer une image fantasmée et surréelle de la femme marocaine. Celle-ci y est photographiée à travers une élaboration codée et une mise en image stéréotypée : voilée ou dévoilée, dénudée ou légèrement habillée, pudique ou fantasque et effrontée, elle est constamment empêtrée dans une représentation hallucinée par le fantasme de la pubère passive prête à s'offrir au premier venu. Romli revisite cette iconographie. L'artiste connaît bien le contextes historique qui avait fait de la carte postale le produit d’une domination à la fois masculine et coloniale. Mais il n'a pas pour "objectif" de reproduire un simple duplicata du cliché colonial. Bien au contraire, il cherche à opérer un détournement artistique de la carte postale, produite jadis par le colonisateur. Romli a ainsi comme visée de dénoncer le réflexe colonial qui somnole paradoxalement encore aujourd'hui en nous. Car c'est à l'affreux et inhumain mariage des filles mineures que l'artiste cherche à nous sensibiliser. Ces filles à marier précocement ne peuvent être maîtresses de leur destin. Si la carte postale coloniale élude la jeune fille mauresque réelle dans son humaine complexité et son insondable altérité, les articles 20 & 21 de la Moudawana (Code de la Famille) du Maroc dit indépendant en font un objet libidinal que d'aucuns pourraient s'approprier et en jouir à leur guise. Dans les régions rurales, seule parfois la lecture hâtive et expéditive de la "Fatiha" (sourate introductive du Coran) suffit pour sceller le sort de petites filles livrées comme de futiles marchandises. Une myriade de fillettes se transforment ainsi en femmes mariées sans même en avoir la moindre conscience.


Mostafa Chebbak
Mechelen, hiver 2017


FRACTAL

LEK a déjà exposé son travail accompagné de SOWAT et Arnaud Liard pour l'exposition "CONTREBANDE" en Mars 2014 pendant la biennale d'art de Marrakech. L'artiste est actuellement en résidence à Marrakech, présentera une série de nouvelles oeuvres sur toile et métal ainsi qu'une installation in-situ. Lek développe son style graphique, mixant le graffiti et sa connaissance de l'architecture avec des influences du Bauhaus, de l'abstraction, du futurisme. Travaillant le plus souvent dans des zones industrielles désaffectées, les compositions rigides de Lek, nourries de sa formation d'architecte, s'adaptent aux contraintes des lieux. Ses fragments typographiques agissent comme des dynamiques qui lacèrent l'espace, le révèle, l'annule, ouvrant de nouvelles perspectives dans ces zones chaotiques.


Exposition du 5 Mai au 5 Juin 2017 , David Bloch Gallery à Marrakech


L’Homme tout au long de sa vie

Nabil Boudarqa est un artiste multidisciplinaire qui travaille à la fois et de façon intense et soutenue, le Dessin, la Peinture et la Photographie… L’univers de Boudarqa est peuplé d’une multitude d’images qui se bousculent, s’enchevêtrent et l’accaparent de tout son être. L’artiste ressent ensuite le besoin impérieux de leur donner une seconde vie, de les restituer à l’identique. La démarche artistique de Boudarqa obéit à un cycle qui ressemble étrangement à celui qu’expérimente l’Homme tout au long de sa vie. Boudarqa prétend être objectif et neutre quant aux images qu’il reçoit et nous donne à voir (en peinture ou en photo).

Exposition du 26 avril au 24 mai 2017 à la Villa des Arts de Casablanca.


L’Afrique en Capitale

Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et dans le sillage du Discours Royal donné lors du 28ème sommet de l’Union Africaine, l’événement, « L’Afrique en Capitale » constitue une première qui met l’art et les expressions contemporaines de l’Afrique à l’honneur. Du 28 mars au 28 avril, Rabat, Ville Lumière, Capitale Marocaine de la Culture, accueille un mois d’intenses d’activités culturelles : 36 temps forts dans quelque 18 lieux offrant un riche programme gratuit et accessible à tous. Des expositions d’arts plastiques et d’objets du patrimoine, des concerts de musique et des projections de films, des conférences et d’art urbain, seront au rendez-vous, sous forme d’un véritable parcours de découverte.

Voir programme détaillé sur www.fnm.ma


Le programme de la saison culturelle France-Maroc 2017

La saison culturelle France-Maroc est une programmation ambitieuse réunissant en moyenne 350 000 visiteurs par an. Sa particularité est de rayonner sur l’ensemble du royaume, dans le réseau des 12 sites de l’institut français du Maroc. Cette saison 2017 présente 25 événements majeurs et se décline en 335 jours d’activités culturelles, 200 jours de spectacle vivant, 400 projections de films, 300 jours d’expositions et 60 conférences. Enfin l’Institut français du Maroc sera le partenaire privilégié d’un événement historique entre les deux des plus prestigieuses institutions culturelles de nos pays : le musée Picasso de Paris et la Fondation nationale des musées du Maroc. Pour la première fois en Afrique.

A rabat, à partir du 18 avril, au Musée Mohammed VI.



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