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 COUP DE COEUR
100 artistes plasticiens

Ce livre de plus de 200 pages présente les figures-clef de la scène plastique marocaine d’aujourd’hui, toutes générations et tendances confondues. Il rend également hommage à quelques-uns de ceux et celles qui nous ont quitté non sans avoir construit les fondations, les jalons de ce qu’est la production marocaine actuelle.

20/21
MOSTAPHA ROMLI
DU 20 MAI AU 20 JUIN 2017
Building Bridges Art gallery, Los Angeles, USA


Seuil

L'artiste plasticien Mostapha Romli offre à notre regard une série d'œuvres axées sur les figures du négatif.

Originale, sa démarche se déploie en fonction d'un double cheminement. Le premier est mnésique et s'étale à partir  d'un clin d'œil à  la carte postale coloniale qui fut jadis dédiée aux portraits des jeunes filles marocaines. Le deuxième est contemporain puisqu'il questionne, ici et maintenant, le révoltant phénomène du mariage des mineures. Cette mise en forme et en sens, inédite et éclairante, opère à deux niveaux : le premier est conceptuel ; l'autre est plastique.  

Pour mieux concevoir le négatif (ou la négativité), au sens strictement conceptuel, encore faut-il saisir la signification du concept de positivité. L'un ne va pas sans l'autre. La positivité désigne en effet toute règle ou autorité à laquelle l'individu, homme ou femme, est sommé de se soumettre sans résistance. Aussi la positivité subie annihile-t-elle l'individualité dans ce qu'elle a de singulièrement humain : la possibilité pour chacun et chacune d'opérer des choix d'une manière consciente et autonome. En somme, le négatif constitue le processus par lequel tout individu s'efforce de neutraliser la force avilissante et destructrice de la positivité. La première forme de négation de la positivité se présente comme une mise à distance de tous les éléments religieux ou dogmatiques qui entravent l'épanouissement de l'existence humaine : dogmes, superstitions, obéissance à des lois injustes et scélérates, etc.  Tout en nous conviant à une savoureuse délectation esthétique, les œuvres de cette thématique, que Romli propose, cherchent à nous sensibiliser entre autres aux traumas de notre monde actuel. D'où ce retour à la carte postale coloniale pour capter l'infamie du mariage des filles mineures.

 
Mostafa Chebbak
Mechelen, hiver 2017

 ACTUALITE
20/21 MOSTAPHA ROMLI DU 27 AVRIL AU 21 MAI 2017 Musée des beaux-arts de Cluj, Roumanie


20/21
Figures du négatif
Le mariage des mineures entre déni et mélancolie





Souvenirs, souvenirs

Safia Belmeno et Marc Combier ont brillamment montré dans Bons baisers des colonies (Éd. Alternatives, 2007) à quel point la carte postale coloniale structure d'une manière consciente ou inconsciente notre univers imaginal. Emissaire de doux sentiments d’amitié et d'amour ou messagère de simples salutations postées par le touriste, le militaire, le fonctionnaire ou l’explorateur vers la métropole, elle fut aussi, par sa très large diffusion, un médium idéologique marquant. Car si on jette, d’une manière impromptue, un regard dénotatif sur le Maroc colonial, force est de constater que la carte postale dite coloniale, considérée comme expression d'un état d'esprit et d'une époque, y tient une place axiale. Aussi est-il possible de ramener la présence de la carte postale coloniale dans le processus de construction imaginale du Maroc à deux modes opératoires : tantôt cette carte opère comme indicateur historique, tantôt elle opère comme marqueur esthétique.

Comme indicateur historique, la carte postale produite à l'époque coloniale fut orientée par une visée idéologique : mettre en évidence la supériorité de la culture coloniale. Comme marqueur esthétique, elle a exploité le medium photographique pour véhiculer une image fantasmée et surréelle de la femme marocaine. Celle-ci y est photographiée à travers une élaboration codée et une mise en image stéréotypée : voilée ou dévoilée, dénudée ou légèrement habillée, pudique ou fantasque et effrontée, elle est constamment empêtrée dans une représentation hallucinée par le fantasme de la pubère passive prête à s'offrir au premier venu. Romli revisite cette iconographie. L'artiste connaît bien le contextes historique qui avait fait de la carte postale le produit d’une domination à la fois masculine et coloniale. Mais il n'a pas pour "objectif" de reproduire un simple duplicata du cliché colonial. Bien au contraire, il cherche à opérer un détournement artistique de la carte postale, produite jadis par le colonisateur. Romli a ainsi comme visée de dénoncer le réflexe colonial qui somnole paradoxalement encore aujourd'hui en nous. Car c'est à l'affreux et inhumain mariage des filles mineures que l'artiste cherche à nous sensibiliser. Ces filles à marier précocement ne peuvent être maîtresses de leur destin. Si la carte postale coloniale élude la jeune fille mauresque réelle dans son humaine complexité et son insondable altérité, les articles 20 & 21 de la Moudawana (Code de la Famille) du Maroc dit indépendant en font un objet libidinal que d'aucuns pourraient s'approprier et en jouir à leur guise. Dans les régions rurales, seule parfois la lecture hâtive et expéditive de la "Fatiha" (sourate introductive du Coran) suffit pour sceller le sort de petites filles livrées comme de futiles marchandises. Une myriade de fillettes se transforment ainsi en femmes mariées sans même en avoir la moindre conscience.


Mostafa Chebbak
Mechelen, hiver 2017

FRACTAL

LEK a déjà exposé son travail accompagné de SOWAT et Arnaud Liard pour l'exposition "CONTREBANDE" en Mars 2014 pendant la biennale d'art de Marrakech. L'artiste est actuellement en résidence à Marrakech, présentera une série de nouvelles oeuvres sur toile et métal ainsi qu'une installation in-situ. Lek développe son style graphique, mixant le graffiti et sa connaissance de l'architecture avec des influences du Bauhaus, de l'abstraction, du futurisme. Travaillant le plus souvent dans des zones industrielles désaffectées, les compositions rigides de Lek, nourries de sa formation d'architecte, s'adaptent aux contraintes des lieux. Ses fragments typographiques agissent comme des dynamiques qui lacèrent l'espace, le révèle, l'annule, ouvrant de nouvelles perspectives dans ces zones chaotiques.


Exposition du 5 Mai au 5 Juin 2017 , David Bloch Gallery à Marrakech
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